En français, « hors d’œuvre » signifie littéralement « hors du travail ».

Ces photographies explorent l’univers de l’atelier de Dominik Doulain, artiste peintre à Montrouge. Elles exposent ce qu’il a choisi de nous cacher, ce qui nétait pas destiné à faire œuvre, ce qui est donc à ses yeux hors-d’œuvre.

 

Les outils traduisent l’histoire de l’artiste et de son œuvre. Les couches de peinture se sédimentent, matérialisent le temps de travail, définissent la chronologie du corpus. Chaque épaisseur, chaque tache colorée échappée de l’œuvre originale témoigne, à sa manière, des gestes de l’artiste.

Les chiffons représentent le support inversé, le « négatif » de la production finale. Le chiffon retient ce qui n’a pas été déposé sur la toile, ce qui a été frotté, effacé.
La photographie nous permet ici une forme de « recyclage créatif ». Nous créons une œuvre avec ce qui a été déclassé, mis au rebut.

Le mur s’affirme comme un témoin privilégié de ses choix. Gestes initiés dans le cadre et achevés hors cadre. Les traces colorées appartiennent soit à l’œuvre soit à l’atelier et, dans les deux cas, sont des témoins majeurs de la volonté de l’artiste.